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Affichage des articles du avril, 2017

MOI ET L'AUTRE

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Je suis fatiguée. J’ai l’impression d’avoir le cerveau en gélatine rose. J’ai du mal à respirer. Je manque d’air. Je n’écris pas beaucoup, ces temps-ci. Je m’éloigne trop de ma nature première. Elle veut vivre, cette Autre qui cohabite avec moi dans ce corps prénommé Annie Perreault. Elle a besoin de s’exprimer, de s’épanouir…
Elle a des choses à dire.
C’est mystérieux, un écrivain. Il écrit, mais n’est pas toujours conscient de ce qu’il écrit. Il y a pourtant ceux qui savent ce qu’ils écrivent. Ceux-là sont les penseurs, les brasseurs d’idées, les écrivains conscients, qui réfléchissent avant d’écrire. Et il y a les autres, ceux qui cohabitent avec l’Autre. On pourrait les considérer fous, mais ils ne le sont pas, ils sont simplement deux. Et ils doivent apprendre à vivre avec l’Autre, à l’écouter écrire, à comprendre ce qu’il veut dire, à lâcher-prise, pour lui laisser prendre les rênes du récit.
Je fais partie de cette deuxième catégorie d’écrivains. Je sens cette présence en moi, c…

CLOU DE CERCUEIL

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Voici un poème en prose à la façon d'Aloysius Bertrand (1842).



Elle s’éteignait tout le temps, et toute seule. Un pet de vent, une perle de pluie. Ou rien du tout. C’était comme ça ; elle perdait sa rougeur, sa chaleur, son odeur. D’un coup, son pouls grésillant cessait. Tu vois ? J’t’ai eu, encore une fois, me riait-elle au nez. Son rire, des éclats noirs de silence. 
Elle était douée ; dès que je lui allumais le derrière et qu’elle me permettait de la goûter, d’en humer les arômes mortels, juste un peu, voilà-t-y pas que « pouf » ou « plok » ou « pffittt » ou je ne sais trop par quelle vesse de fou, elle tuait sa rougissance. Comme pour me dire, T’as pas encore compris, toi, hein ? Petit lardon aux narines baveuses, au menton en peau de prune.
Un jour, j’en eus assez ! Elle venait de s’éteindre à nouveau. Je l’écrasai sous mon pied taché d’encre, et l’entendis rire. On aurait dit le cri hirsute d’une hyène engrangée ; elle croyait m’avoir lessivé les neurones. Je sortis sa sœur ju…

SOUFFRANCE ANCIENNE TOUJOURS PRÉSENTE

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cours   cours      pieds d’enfants
maman
papa cache-toi au fond des trous noirs

à la puanteur exilée d’espoirs de suie
respire
attends